Dans les années soixante-dix, à 15 km
au Sud de Narbonne, en bordure des étangs de
Bages-Sigean, à l'embouchure de la rivière
la Berre et autour d'une zone d'anciens salins
reconvertis en un vaste étang appelé
l'il de Ca, des zones de garrigues où
viennent parfois s'intercaler quelques vignes,
représentaient un ensemble naturel non
urbanisé, riche sur le plan faunistique et
floristique et qu'il s'agissait de préserver.
C'est dans cette optique que la mission
interministérielle du Languedoc-Roussillon dite
mission racine, du nom de son président, et
chargée de l'aménagement du littoral, donna
en 1972 son autorisation pour la réalisation d'un
parc animalier unique de par sa taille, original quant
à ses protocoles d'élevage extensif, bien
intégré dans le milieu naturel et capable
de contribuer à sa protection tout en
développant une activité de conservation
d'espèces animales essentiellement africaines.
Créée à l'initiative de Paul de
La Panouse et de Daniel de Monfreid, la
Réserve Africaine de Sigean ouvre
au public le 8 avril 1974.
Mise
en terre d'un Acacia épineux en provenance du
Kenya pour marquer la création de la
Réserve Africaine de Sigean.
Plusieurs personnalités sont présentes sur
la photo dont le représentant de l'ambassadeur du
Kenya en France (1) avec,
sur sa droite le très célèbre
écrivain-aventurier Henry de Montfreid (2)
entouré de son fils Daniel de Montfreid (3),
de Raoul de la Panouse (4), du 1er directeur de la
Réserve Africaine de Sigean Michel Maës (5),
et de Mr Castan Maire de Sigean (6). (Extrait du
Midi-Libre du 31 octobre 1974)
Au fil des ans, la Réserve Africaine de Sigean n'a
cessé de s'agrandir et ses troupeaux comportent de
plus en plus d'espèces faisant l'objet de
programmes européens d'élevage (EEP).
Certaines des espèces protégées ont
une aire de répartition qui dépasse le seul
continent africain, cas notamment des oiseaux migrateurs.
D'autres, bien que non-africaines, comme les Ours du
Tibet, nous ont été confiées pour
des raisons de conservation.
La seule contrainte pour assurer la bonne réussite
de ces élevages est de choisir des espèces
capables de s'adapter au climat languedocien
caractérisé par un bon ensoleillement et
des hivers généralement peu rigoureux.
Aujourd'hui
près de 900 Mammifères, 600 Reptiles et
2000 Oiseaux sont élevés à la
Réserve Africaine de Sigean. Ces chiffres ne sont
bien évidemment qu'une évaluation. Un
inventaire permanent des espèces vivant en totale
liberté est impossible.
Une grande richesse faunistiquecaractérise ce milieu naturel
protégé
La volonté de conserver et de protéger
le milieu naturel figurait sur les plans établis
par Daniel de Monfreid
lors de l'autorisation d'ouverture du Parc en 1974. Une
vaste zone périphérique s'étendant
jusqu'aux étangs de Bages-Sigean devait assurer la
protection biologique des espèces.
Cette conception innovante de conservation de la faune et
d'un milieu "naturel" par un parc animalier est à
notre connaissance unique.
Les oiseaux sont les premiers bénéficiaires
de cette protection. Par sa situation géographique
proche du littoral méditerranéen, la
Réserve Africaine se trouve sur l'axe de passage
de nombreux oiseaux migrateurs qui longent la côte
pour contourner les Pyrénées, gagner
l'Espagne ou l'Afrique pour la période hivernale
et en revenir dès les beaux jours.
Ces oiseaux migrateurs n'hésitent pas à
faire halte sur les étangs bien
protégés de la Réserve : Cormorans,
Fuligules milouins et morillons, Nettes rousses ,
mais aussi des "grands échassiers" : Aigrettes
garzette, Hérons cendrés, Grues
cendrées, Flamants roses, Cigognes noires,
Cigognes blanches , ces dernières se posent
par dizaines aux périodes de la migration et
certaines d'entre elles, sédentarisées
nichent aujourd'hui sur le site.
Beaucoup d'autres, appartenant à la faune locale,
fréquentent aussi le site de la Réserve ou
y sont sédentaires : oiseaux du bord de mer comme
les Goélands, les Mouettes, les Sternes, oiseaux
de bord d'étang ou de rivière qui viennent
y nicher comme les Colverts, les Tadornes, les Foulques,
les Poules d'eau, les Échasses blanches, les
Hérons bihoreaux, les Martin-pêcheurs, les
Guêpiers d'Europe pour n'en citer que
quelques-uns.
Notre regard sur la nature s'est
modifié
Aujourd'hui, la Réserve Africaine de Sigean
élève un plus grand nombre d'espèces
animales qu'en 1974, les troupeaux eux-mêmes
comportent un plus grand nombre d'individus sur un
territoire plus vaste.
La
priorité a été donnée
à la recherche d'une meilleure adaptation des
troupeaux au site afin de leur donner un espace qui, pour
des raisons d'exposition au vent ou au soleil, de
déclivité du sol, réponde mieux
à leurs besoins physiologiques. Le creusement de
mini-étangs pour les oiseaux aquatiques,
l'ouverture de nouveaux espaces pour la grande faune
africaine et des îles pour les primates sont des
aménagements réalisés pour
améliorer le bien-être des animaux et
assurer un meilleur taux de reproduction.
Plus
de 40% des visiteurs sont déjà venus et le
temps de visite s'allonge. Un nouveau comportement du
public apparaît.
Chacun
choisit les animaux à observer en fonction de son
centre d'intérêt : mammifères,
reptiles ou oiseaux.
Les
activités se diversifient : vidéos, photos
ou prise de son, dessins, études des comportements
(antilopes et leurs jeunes, nidification des
Pélicans ou des Flamants ), mini-reportages
diffusés sur internet.
Jean-Jacques
Boisard, l'actuel directeur du Parc, en compagnie de Paul
de la Panouse, créateur de la Réserve
Africaine de Sigean, lors de la célébration
du 30ème anniversaire de la Réserve
Africaine de Sigean en avril 2004.